20 h00, salle des fêtes de Fleury Mérogis. Avec ses allures de gymnase lycéen, le lieu ne paie pas de mines.  Pourrait-on se douter que Nihil va bientôt le transformer en théâtre sacré ?  Pas vraiment, d’autant qu’on ne se bouscule pas ici… La secousse sera d’autant plus tellurique. Voilà pourquoi il fallait se déplacer ce soir-là, alors même que pour le Pandora’s tour, Nihil ne  jouait en France que pour une seule autre date, Lyon. Le concert est organisé par l’association Diked, dons le but est de promouvoir les musiques actuelles en Essonne.

              

                                                                                                                                                   

                                         

                                                       Nova

Le groupe Nova ouvre le bal. Malheureusement le son n’est pas de première qualité, les basses à la limite du supportable. On parvient quand même à apprécier la qualité de la prestation vocale. Un lot d’inédits viendra s’ajouter aux titres de leur démo.

            

 

                                             

                                                        Dust Bowl

La soirée se poursuit avec les Dust Bowl, jeune groupe francilien, qui officie désormais dans un métal légèrement indus, certainement influencé par Metallica et Paradise Lost. Ils n’ont pas été épargnés par les problèmes techniques non plus, certes inhérents à la scène, mais ce soir plus que présents. Cela n’entache en rien la force du set, l’implication réelle de chacun des musiciens. La section rythmique est propre, le jeu de scène travaillé. Dans l’ensemble les Dustbowl ne nous déçoivent pas : une prestation tout à fait honorable.

             

                                     

 

                                         Nihil                  

 

 Place à Nihil. La scène à peine investie par le groupe, l’intro de « Coma » résonne déjà. Le ton est donné. Somptueux. Une mise en scène sobre, mais qui fait toute la différence. Un rien de fioriture : une batterie illuminée, au centre un petit écran. Les différentes parties d’un visage de femme s’y succèdent au fil des morceaux, avec un message griffonné en rouge.
Le scénario scénique, ou se glisse un nouveau morceau, dissèque une partie d’« Invisible » (« Not at home », « … Equilibrium »…) et de «Pandora’s box ». Spleen sur lit de glace, l’ambiance de Pandora’s est magnifiquement recrée : « Disfigured », élégante épure à faire pleurer les pierres. Lumière sur un clavier en intro au morceau « The Pandora’s box », berceuse à la lenteur monacale…
Le public ne s’est toujours pas densifié, cependant le groupe ne semble pas en prendre ombrage. Le chanteur se répand en échanges chaleureux avec la salle, en contraste avec la dimension sombre et solennelle de la musique.
L’expérience est sensible dans le jeu du groupe. Mais le professionnalisme se double d’une présence scénique stupéfiante : ils ont tout simplement une classe folle. Et la prestance du chanteur n’est plus à démontrer. Timbre déchiré et déchirant, si juste dans l’émotion quand d’autres tombent dans le pathos en en faisant trop.
Un set étincelant, réplique parfaite de la profondeur de leur musique. Nihil, ou l’élégance faite rock…

                                                           Carolyn

                    

 

         

 

 

© - E-zic.com v3 : 2000-2018 - © Tous droits réservés - Reproduction Interdite - Hébergement OVH