Dimanche 24 Juin 2007
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Heavenly - www.myspace.com/heavenlyofficial

phiL : Dernier réveil sur le sol clissonnais... La nuit fut bonne, très bonne même. Les fests, ça reste toujours physique, mes jambes et tout le reste le confirment !
Dernière attente devant le site du Hellfest pour cette dernière journée, le soleil est cette fois-ci au rendez-vous. Génial ! La météo aura été crescendo tout au long du fest : Pluies torrentielles le vendredi, nuageux le samedi, et ensoleillé le dimanche ! On en oublie même les vestes, ça fait plaisir, surtout que ce que qui restait des chemins encore boueux de la veille ne sont que des amas de terre molle. Quand on a vécu un jour de fest entièrement sous la boue, voire le site sous le soleil nous fait presque penser que le Hellfest a fait une escale au paradis !
Bref, Heavenly viendra titiller nos oreilles au moment de notre arrivée. Je m’amusais à mon retour à entendre Madame me dire que ce genre de groupes, c’est un peu le Dance Machine du metal. Oserais-je confirmer ?! Je ne crois pas, j’apprécie ces groupes sans en être fan. Le schéma classique couplet-refrain (en chœur SVP !), puis le solo du guitariste qui nous décoiffe, c’est plutôt sympa. Et cette fois ci, c’est des Français ! « Salut, on est Heavenly, et on est français ! ». Merci de la précision, avec un chant anglais, je l’avais carrément oublié. Le groupe nous sert un concert sympathique et plein de bonne humeur, surtout que le dernier album du groupe, Virus, est sorti récemment. Le public aura donc droit à plusieurs titres de cet album. Une bonne prestation pour débuter cette journée ensoleillée !

Ephel Duath - www.myspace.com/ephelduath

JB : C’est parti pour le dernier jour, direction la Gibson stage pour une découverte qui promet d’être intéressante, le groupe italien Ephel Duath, annoncé jazz-métal. Tiens donc… La balance est un peu longue mais l’accroche en ce qui me concerne est immédiate. L’influence jazz par le jeu de batterie porté sur les cymbales et par la quantité d’improvisations du trio est bien prégnante. Là encore le type d’ambiance pas forcément attendu par rapport à la sauvagerie de la programmation ! Bonne découverte.

phiL : Direction la Gibson Stage pour découvrir le gagnant d’un tremplin qui s’est vu offrir un set de 30 minutes. Le groupe se nomme Ephel Duath et a le mérite, en trio, de mélanger les genres : metal, hardcore, et jazz. Après une courte balance, le groupe commence son set. Malheureusement (ou pas), on ne peut pas tout aimer en musique, et je n’aime guère. La guitare manque de puissance, j’ai presque l’impression d’une certaine dissonance (accordage ?), et le manque de basse dans la formation live se fait fortement ressentir. Dommage, sur le MySpace du groupe, les titres en écoute donnent de bien meilleures impressions sur le groupe. J’envoie la faute à l’effectif réduit sur scène, mais j’apprécie l’originalité du style, expérimental et presque barré par moments. Une victoire méritée tout de même pour ce groupe italien.

Scarve - www.myspace.com/scarve1

JB : Groupe lavallois découvert depuis peu, grâce à leur phénoménal premier album Désillusions, je ne voulais absolument pas manquer le brutal hardcore du combo. Et je ne serai pas déçu. Agressif dans le bon sens du terme, visiblement très heureux d’être là, son très puissant, jeu de scène pertinent, le groupe exécute son set avec brio et enthousiasme. Très jolie performance !

phiL : Le temps d’un petit tour rapide du côté du chapiteau, je retourne vers la Gibson Stage pour assister au show de Scarve, autre formation française de l’affiche du fest. Récemment, le groupe s’est vu amputé de son chanteur, et chacun se demandait qui allait prendre ce poste pour le set du groupe. Grosse surprise de voir que son remplaçant n’est autre que Butcho, le chanteur de Watcha, qui officie dans un registre bien différent ! Temporaire ou pas, on ne sait pas, sur le blog du groupe, l’annonce d’une recherche de chanteur semble toujours d’actualité… Pendant 30 minutes donc, Scarve nous assèneras de son gros death metal trashé sur les bords.

Kaizen

JB : Toujours en direct de la Discover stage, on passe un ton encore au-dessus dans la brutalité avec Kaizen ! Death-métal très acide et parfaitement maîtrisé, là aussi ça bastonne sévère. Nos représentants français sont à la fête !

JB : Et dans la foulée de Homestell et Kaizen, je ne verrai que les toutes dernières minutes du concert d’Aborted mais la montée crescendo ne s’essouffle pas, bien au contraire ! Là on navigue carrément dans le brutal death-métal ! C’est du très, très costaud, le nombreux public agglutiné devant le groupe belge a l’air de visiblement apprécier, en témoigne la hauteur de certains slams…

Kreator - www.myspace.com/officialkreator

JB : Des mastodontes du trash-métal allemand depuis des années. Entrée sur scène originale sous d’épaisses fumées vertes, nous empêchant d’ailleurs de voir le groupe sur scène pendant de longues secondes, mais le reste du concert de Kreator ne m’aura finalement fait ni chaud, ni froid. Pas suffisamment entraînant en tout cas pour en garder des images marquantes.

phiL : La fin d’après midi approche et le temps commence à se couvrir. Un aller-retour à la voiture pour reprendre une veste, et pour ma part, flyer les voitures du parking de prospectus « E-ZIC » nous fait louper quelques concerts. Notre retour se fait donc un peu avant le show de Kreator, une autre grosse monture de l’affiche du fest, que beaucoup attendaient….et moi aussi ! Groupe phare du trash metal qui perdure encore (depuis 1984 !), eux aussi sont restés fidèles à leur musique.
La scène se prépare, la foule se densifie. L’entrée en scène fut relativement originale, des fumigènes sont installés de chaque cotés de la scène, fumigeant de rouge et vert toute la scène, qui offre le seul plaisir de n’entendre que le son des instrus les deux premières minutes du concert, avant de ne pouvoir voir quoi que ce soit... Le show reste modeste mais efficace, un groupe comme Kreator n’a pas besoin d’artifices (sauf des fumigènes !) pour mettre en valeur sa musique sur scène. Un décor et des séances de headbangings suffisent !

Converge

JB : Après un début de journée en fanfare, inutile de s’arrêter en si bon chemin, Converge, l’une des affiches hardcore les plus attendues du week-end se présente sur scène de manière assez relax avant de tout embraser. Hardcore très percutant, relativement complexe dans la structure tout en restant parallèlement assez basique dans l’exécution, un chanteur à la performance scénique des plus sportives, la démonstration est très impressionnante, quelle santé ! Le concert de Converge ressemble à un véritable défouloir, quarante minutes de folie furieuse. L’un des concerts les plus dingues auxquels j’ai assisté et l’un des plus réussis du week-end ! A revoir !

Within Tempation - www.myspace.com/withintemptation

JB : Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes. La très gracieuse Sharon, chanteuse du combo néerlandais Within Tempation, a certainement apporté la touche le plus féminine du week-end. Tout en gardant également une pensée pour sa compatriote Simone d’Epica. Mais bon, personnellement les envolées gothiques/symphoniques ne me réussissent guère… Au passage, bravo à toutes ces dames présentes à ce Hellfest 2007, musiciennes ou spectatrices ! Le métal a besoin de vous !

phiL : Fin du set, le petit décor sobre du groupe font place au décor complexe et sophistiqué du groupe qui suit : Within Temptation. La scène se transforme en véritable scène de théâtre au décor du groupe. La musique du groupe flirte avec le metal symphonique et le gothique, le tout édulcoré au goût du jour (rythmiques entraînantes, presque commerciales, façon BOF). Le show est sympa à voir, le décor est à la mesure de la musique : Recherchée, gothique et metal !

Edguy - www.myspace.com/withintemptation

JB : Quelques mots très rapides sur le groupe allemand Edguy et plus particulièrement pour son chanteur, véritable cheerleader et chef d’orchestre, n’arrêtant pas de demander la participation du public, très efficace dans l’échange ! Moins de mots en revanche sur la musique elle-même, trop orientée heavy-métal à chant aigu pour moi !

phiL :Direction la Gibson Stage, pour le show d’Edguy. Du Heavenly mais venant d’Allemagne cette fois-ci. Voix aigues, guitares aiguisées et rythmes entraînants. Et comme toujours, LE solo ! En plus ici, on a le droit à un chanteur très communicatif qui n’hésite pas à défier les extrémités de la foule, à savoir laquelle des deux criera le plus fort ! Un show sympa, encore dans la bonne humeur et la générosité !

Megadeth - www.myspace.com/megadeth

JB : Bon nombre ont du se dire, moi le premier, en découvrant l’affiche avec le nom Megadeth inscrit en première ligne : « Megadeth ? J’écoutais avant ! ». Entre la nostalgie et la curiosité de voir sur scène ce groupe mythique des débuts du trash-métal, c’est également le plaisir d’assister à  l’un des devenus rares concerts du groupe (sa carrière vient juste d’être relancée par un nouvel album) qui s’impose, même si la composition du combo n’est plus du tout la même.
J’en ressortirai tout simplement émerveillé ! Emerveillé par cet homme, Dave Mustaine, par sa virtuosité de guitariste, assurant une bonne partie des solos et tout le chant à la fois, émerveillé par le doux frissonnement des souvenirs qui ressurgissent à l’écoute des titres époque Peace sells… but who’s buying ?, Rust in peace ou Countdown to extinction, avec bien évidemment le « A tout le monde » de circonstance, rallongé pour l’occasion. Un concert tout simplement génial, une longue et méritée ovation du public raccompagne les Américains vers la sortie ! Chapeau bas !

phiL : Encore une fois, il ne faut pas tarder pour pouvoir être au plus près de la scène pour le show suivant, puisque sur la scène se prépare un show non pas des moindres, celui de Megadeth ! Après une pause d’une année environ (suite à la blessure à la main de Mustaine) la troupe heavy trash culte vient défendre sur scène son nouvel album sorti le mois précédent. Et Megadeth fait partie de ce cercle de groupes dont nul est besoin d’avoir mille et unes artifices. Quatre personnes, quatre instrus et c’est parti ! La vélocité de Mustaine est encore là, les solos toujours aussi percutants, un show du groupe laisse rarement indifférent, tant le groupe, malgré les années, arrivent à nous percuter juste par sa prestance et sa musique (même si les albums, au fil des années, ne laissent pas de titres qui traverseront les générations comme avant).
Détail important, et surtout esthétique, la batterie de Shawn Drover est impressionnante ! Un rack monstrueux qui ferais presque office de magasin de cymbales !

Blind Guardian - www.myspace.com/blindguardian

phiL : La nuit est tombée, la Gibson Stage fait place à Blind Guardian et son metal presque progressif aux allures de fantaisie. J’assisterais que rapidement au show, le temps de faire quelques photos en fait, je dois l’avouer. Je ne connais pas particulièrement le groupe, et le show ne restera pas plus que ça dans mes mémoires, sauf le jeu de lumière qui restera à mon goût le meilleur de tous les groupes qui soient passés sur cette scène.

Dream Theater - www.myspace.com/dreamtheater
JB : Géant parmi les géants. Peut-être l’un des groupes de rock les plus musicaux au monde ! On ne cesse depuis des lustres d’encenser le niveau technique de Dream Theater. Reste plus qu’à  découvrir en live l’un des groupes évidemment les plus attendus du week-end. Mais peut-être cela vient-il de moi ou d’ailleurs, mais je ne conserve que très peu de souvenirs du concert de Dream Theater, sans doute parce que je m’y suis tout simplement ennuyé. Peut-être que les circonstances particulières, le groupe n’étant pas vraiment habitué des concerts en plein air et encore moins des temps de set aussi courts (une heure contre les au moins trois habituelles), mais malgré effectivement les solos de guitare impressionnants de John Petrucci, les vibrations ne passent pas ! Tant pis, ce sera je l’espère pour une prochaine !...

phiL : Autre raison aussi, la fatigue qui se fait fortement ressentir ! Malgré ça, il faut garder de la force, puisque arrive Dream Theater ! Un groupe jamais vu sur scène (personnellement), donc très attendu. Ceux qui connaissent savent de quoi je parle, Dream Theater, c’est l’éloge de la technique au service de la musique ! Une formation stable depuis des années qui fait preuves d’un talent technique incontestable. Chaque membre du groupe est un virtuose de son instrument. Certains diront qu’il faut être musicien pour apprécier la musique du groupe ; les longs passages instrumentaux à la cadence infernale (changement de rythme d’une mesure à l’autre), les soli impressionnants et toujours aussi bien ficelés… Dream Theater sur scène, ça laisse indifférent. Comment réussir à jouer sur scène une musique aussi technique ? Les membres ne sont pourtant pas des machines, ils sont monstrueusement doués ! Enchaînant les titres (et les mesures) avec une perfection à en faire peur, DT cloue le public sur place (enfin la plupart). Un show presque trop court, mais leur concert parisien à venir en octobre (attention affiche culte : Symphony X en 1ère partie !) est l’occasion de se rattraper !
Neurosis - www.myspace.com/dreamtheater

JB : Encore un invité de marque ! Là aussi c’est un petit évènement que la venue de Neurosis dans le vignoble nantais. La musique du groupe est très spéciale, particulièrement lente, froide, jouant à fond sur les ambiances. Des images diffusées en toile de fond assoient un peu plus cette dominante pesante et lugubre rappelant un peu la magie de Tool. Certes le tout n’est pas très énergique mais c’est tripant et très recherché. Malheureusement la pluie est de retour en ce dimanche soir. Retour fracassant, il recommence à tomber des cordes, tous aux abris !

phiL : La fin du Hellfest approche, Neurosis arrive sur la Gibson Stage pour un show sombre et lourd… La musique du groupe est indéfinissable, comme le dit la doc Hellfest, Neurosis « révèle à chaque instant ce qu’est la beauté dans le sombre, le calme dans la tempête ». Les shows du groupe sont plutôt rares, et paraît-il pour le moins à l’image du groupe. Je pars y jeter un œil puisque l’occasion m’y est donnée. Le groupe joue dans le noir sur fond de vidéos en noir et blanc à tendance onirique, voire plutôt cauchemardesque : fleuraison de plantes à vitesse ultra, images en noir et blanc inversées, mêlant ainsi ambiance sombre et abstraite. Je dois dire que je m’attendais à plus original que ça, même si encore une fois, la musique du groupe a le mérite d’être unique. Petit détail presque sympa : les averses (et pas des moindres) qui reviennent pendant le show du groupe, comme si le temps venait prendre part à la musique du groupe.
Emperor - www.myspace.com/emperorhorde

JB : Le tout dernier concert de cet incroyable week-end ! Mais personnellement physiquement je n’en peux plus. Une nouvelle nuit au camping sous la pluie n’étant pas la bienvenue, nous décidons avec phiL de plier bagage et de faire la route de nuit vers la Normandie. Nous n’assisterons à en gros qu’un titre-et-demi d’Emperor. Le black-métal des Norvégiens est tellement dur et assourdissant qu’il nous fallait bien eux pour clôturer en déluge morbide et sonore ce Hellfest 2007 !
Pendant ce temps sur la grande scène, la dernière préparation de décor (pour le show d’Emperor) prend place. Dernière préparation… Emperor viendra et clôturera ce festival.
À la fin du show de Neurosis, une personne dont j’ai oublié le statut vis-à-vis de l’orga du Hellfest et le tour manager d’Emperor arrivent sur scène. Monsieur Hellfest fera un discours, remerciant tout le public pour sa présence, malgré la pluie, les problèmes d’organisation, remerciant aussi tous les groupes qui sont venus défier le temps, « sauf un, qui était pourtant là ». On comprend que du côté du public, comme de l’organisation, cette annulation de dernière minute restera au travers de la gorge.

phiL : Emperor débutera son show, et nous partirons sur les premières minutes de ce dernier concert. Le Hellfest 2007 restera dans nos mémoires, aujourd’hui, le souvenir de ce premier jour pataugeant dans la boue fait sourire, mois sur le vif… On regrettera les nombreuses lacunes dans l’organisation du festival, en espérant qu’il s’agisse encore une fois d’une bonne leçon pour le Hellfest 2008. N’empêche, malgré ça, je ne peux que forcer le respect devant un festival qui a su réunir une telle affiche présentant au public européen les plus gros groupes de metal dans chacune de ses branches (Heavy, trash, black, etc). N’oublions pas que le Hellfest reste en France l’un des seul festival purement metal, en espérant que la bonne ambiance générale et le très bon retour reçu de par la ville de Clisson assurera la pérennité du Hellfest, avec on l’espère une organisation cette fois-ci digne des Eurocks ou de tous autres fest bien moins extrême !
 

JB : Drôle de festival donc que ce Hellfest 2007. Contrasté mais au même degré, celui de l’extrême ! Des concerts et des groupes géniaux en pagaille, un véritable paradis du métalleux en plein enfer ! Quelle prouesse déconcertante de la part des organisateurs d’avoir pu réunir tous ces groupes, toutes ces légendes, venus des quatre coins de monde (au passage, rappelons le nombre de nationalités présentes rien qu’en parlant des groupes : 18 !)… mais sans doute au détriment de l’essentiel, l’organisation en elle-même ! On ne peut que saluer l’initiative d’un tel rassemblement, mais il est clair que l’année prochaine, si Hellfest 2008 il y a, et on l’espère de tout cœur, la copie devra être revue en intégralité (questions sécurité, sanitaires, communication, personnel...). On ne saurait tolérer de nouveau tous ces égarements. Mais même si certains ont réellement connu l’enfer, toute proportions gardées bien entendu, l’ambiance était là et bien là. Est-ce que cela valait-il vraiment la peine d’être vécu ? Oui, définitivement oui. Nous ne sommes pas près de l’oublier ce Hellfest 2007 !

 

Crédits Photos : Phil © E-ZIC.com

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