
Interview des 5 membres de Madcraft réalisée par Omran le 11/11/2000.
Déjà, question idiote: d’où vient le nom? La question qu’on a posée mille fois j’imagine.
Kinrou : Craft, c’est l’art, l’artisanat, la technique. Mad veut dire « fou ». L’ensemble, ça fait « la musique un peu tarée ». Ca vient aussi de Hamlet: à un moment il dit « I am mad in craft » (je suis fou par ruse). Donc, c’est une stratégie qui consiste à faire un truc un peu chelou au premier abord, mais qui plaît finalement.
Et c’est ton idée ou vous l’avez trouvée ensemble?
Kinrou : C’est surtout Mehdi et moi parce qu’on est les seuls rescapés du premier jet de Madcraft.
Et sinon, comment s’est formé le groupe?
Mehdi : Kinrou et moi on a commencé par un groupe de punk quand on était au collège.
Manu : « Les Ferrailleurs »
(rires)
Mehdi : Petit à petit, on a voulu faire des trucs qui nous plaisaient plus.
Kinrou : Surtout Mehdi en fait, qui voulait faire du Iron Maiden. (rires) Bon, comme j’avais pas d’autre groupe, j’ai fait « OK » même si je kiffais pas.
Mehdi : Progressivement on a évolué, on a trouvé vraiment ce qui nous plaisait. Et puis les autres sont arrivés, c’était tous des potes, pour former ce qu’on est maintenant.
Depuis le temps qu’on vous connait, vous avez pas mal évolué. Moi, je vous ai pas vus depuis longtemps sur scène, mais j’ai entendu parlé de vous comme quoi maintenant c’est une bonne claque dans la gueule. Donc, où vous en êtes niveau signature, album peut-être, labels...? Y’a BMG ce soir! (rires)
Mehdi : On était sensés enregistrer un 6-titres dernièrement. On a déjà suffisamment de morceaux pour enregistrer un album mais on préférerait cxommencer par le 6-titres. Mais pour des problèmes de thunes, ça a été reporté. Donc, si ça se passe bien, on devrait enregistrer en janvier, et ensuite faire une recherche de labels.
Kinrou : C’est clair que si avant on est répérés par un label, y’a pas de problème! (rires)
Vous visez un label en particulier? Ou sinon vous préférez un petit label ou...
Kinrou : Plutôt un indé, mais de toute façon, j’imagine qu’une major va pas venir frapper à notre porte pour l’instant.
On n’en sait rien... Alors, vos principales influences?
Manu : Waouh!
(rires)
Encore une question originale. (rires)
Manu : C’est varié parce que...
Benj : On n’écoute pas tous la même musique. On a des musique en commun mais...
Est-ce que chacun apporte ses idées par rapport à sa culture musicale?
Benj : Le côté bourin, c’est surtout Mehdi et Kinrou.
Mehdi/Kinrou : Merci! (rires)
Medhi : C’est lié aussi à l’histoire du groupe. C’est-à-dire qu’avant qu’ils arrivent, on était dans le trip Machine Head/Sepultura... Un truc metal/hardcore assez efficace auquel on apportait déjà des touches de funk, de bossa ou de musiques orientales. Seb était déjà là à cette époque. Quand Manu est arrivé au chant, et Benj à la gratte, ça nous a encouragé à mélanger un peu plus nos influences.
Kinrou : Et puis Manu, spontanément, il a apporté son côté rap/ragga. Benj et Seb c’est plutôt le côté funk et des fois des touches de jazz. Maintenant, je pense qu’on a tous une vision globale de la musique de Madcraft, et c’est pas un collage de chacun de ces styles.
Et sinon, vos projets?
Medhi : Enregistrer et tourner le plus possible en France et même pourquoi pas en Europe. C’est pour ça qu’on postule pour le concours Roadrunner. On veut fonctionner avec le maximum d’assos, de groupes, et faire un maximum de concerts.
La scène française actuelle et son gros phénomène néo: vous en pensez quoi?
Kinrou : A vrai dire, j’ai l’impression que le néo est un peu en train de perdre son influence. En fait y’a pas mal de groupes qui étaient plutôt hardcore à la base et qui ont tournés plus néo. Maintenant que la mode est en train de passer, ils sont en train de disparaître.
Mehdi : Et peut-être que ceux qui vont rester, c’est ceux qui font vraiment leur truc. Nous on se sent pas vraiment appartenir au mouvement néo-metal. C’est ce qu’on constate à chaque fois: ceux qui n’écoutent que du néo-metal peuvent trouver ce qu’on fait chelou au premier abord.
En dehors de la musique, vous faîtes quoi?
Seb : On est tous étudiants.
Manu : On cherche des meufs, à part Mehdi. (rires)
La vie, quoi! Encore une question: que pensez-vous d’Internet et des sites sur le metal comme Funcore, W-Fenec, E-zic?
Benj : C’est vachement utile, quoi.
(rires)
Mehdi : On se rend compte qu’il y a vraiment un gros moyen de communiquer. Y’a même des personnes avec qui ont parle qui disent: « On est pas trop au courant de ce qui se passe en dehors », qui ne voient pas de flyers, pas d’affiches mais qui, par contre, ont toutes les infos concert par Internet. Ca vaut donc le coup de s’investir là-dedans et d’être présents.
Kinrou : On reçoit des e-mails de Cherbourg, de Nancy... et c’est cool pour ça. C’est-à-dire que même un petit groupe avec une petite structure peut diffuser son information. Le revers de la médaille, c’est qu’il y a tellement d’informations et de connards sur le réseau, que pour déffricher et trouver ceux qui ont quelque chose à raconter, c’est dur.
Et Napster et tout ça, vous êtes pour?
Kinrou : Par rapport à nous, y’a pas de problèmes parce qu’on veut se faire connaître donc on s’en fout si les gens ont notre CD gratuitement...
Mehdi : Dans l’absolu, l’important, c’est que l’artiste puisse contrôler le truc, qu’il puisse décider s’il veut être distribuer gratuitement ou pas. Mais c’est pas le cas dans la réalité et c’est là qu’y’a problème.
Kinrou : Les copies de skeud, c’est peut-être plus effrayant que Napster.
Merci, c’est good.
Madcraft : merci |