C'est Marq, bassiste (le 4ième en partant de la gauche sur la photo du bas) qui à répondu à toutes nos questions folles et débridées. ACTION...

Un gros mois après la sortir de votre dernier album "Street Trash", quels sont les premiers retours que vous en avez eu? Ca a l’air carrément positif. Les anciens fans adhèrent bien dans l’ensemble et ça nous fait vraiment plaisir qu’ils nous aient suivi. Bien sur, il y a toujours quelques mecs déçus dans le tas, mais bon, c’est impossible de plaire à tout le monde. En tout les cas, nous on a vraiment fait l’album qui nous plaisait, on ne voulait surtout pas rééditer le premier. Dans la vie, et surtout dans les arts, il faut savoir évoluer, sinon, à la fin tu fini par t’enfermer et pire, par t’emmerder, non ?
Un premier album plus "énergie brute", le second plus "réfléchi", cette définition très classique convient à Street Trash? Je dirais oui et non. C’est vrai que “ Et le monde sera meilleur ” a été composé, enregistré et mixé très vite, donc forcément son point fort c’est d’être brut de décoffrage. Par contre il est pas super bien produit et parfois un peu décousu. “ Street trash ”, lui, on a mis beaucoup plus de temps pour l’écrire(presque un an), et aussi pour l’enregistrer et le mixer. Donc c’est vrai que c’est un album beaucoup plus réfléchi et beaucoup mieux produit. Mais pour nous qui avons passé beaucoup de temps à le pondre, il contient beaucoup plus d’énergie que son prédécesseur, même si elle est moins brute. A mon avis, Street trash est beaucoup plus puissant, mais cette puissance a été maîtrisée.
Comment s'est passé l'enregistrement avec Machine? Après avoir écouté nos démos, il a fait le déplacement de NY à Cergy-Pontoise rien que pour nous rencontrer l’espace d’un week end, histoire de voir si le courant passait. En fait, après 5 minutes, on savait déjà tous qu’on allait bosser ensemble. On a passé le week end à jouer, à discuter et à écouter du son et il est reparti. Le temps d’organiser tout ça et il est revenu 2 mois en France (mars-avril). On a fait 1 mois de pré-prod dans notre petit local de répète, puis 1 mois de prises instruments et quelques voix au Manoir dans les Landes où il était assisté de Rodolphe Sampieri. Puis les chanteurs sont partis finir les voix pendant 2 semaines chez lui dans le New Jersey (juste face à NY). Ensuite il nous envoyait les mixs au fur a mesure par le net et on lui proposait les retouches. Finalement Matt et John ont passé une semaine là bas pour les dernier recalls (c’était fin juin). Au final, ça a été pour nous une superbe et énorme expérience, tant au niveaux artistiques et humains. Machine est un mec super humain, humble, mais aussi hyper compétent, toujours enthousiaste, très ouvert et en plus c’est un super coach au moment des prises, il te met en confiance, il te protège de tes propres doutes. Pour nous, petits français complexés, il a en fait été un grand frère.
Sur la pochette de Street Trash on vous voit faire les "yamakazi" sur l'avant, mais sur l'arrière on vous voit crashés en bas de l'immeuble… ça veut dire quelque chose, ou c'est juste un délire visuel? C’est de l’auto parodie, et quelque part c’est aussi pour dire que quand tu fais des conneries, même si c’est marrant, après y a quand même des pots cassés. Tu te prends une cuite un soir, c’est rigolo, mais le lendemain au réveil t’as mal, t’as la gueule de bois… Justement, nous on voulait pas se la jouer yamakazi. Dans le délire, on serait plutôt des jackass. Sur notre pochette on fait une cascade qu’en fout plein la vue, mais après on a bien mal… Mais on aime ça…

Des titres comme Music Business et Tes Haines, c'est pour mettre volontairement les pieds dans le plat face à l'image commerciale du néo métal? Là aussi je te dirais oui et non. En fait, music bizness cible plutôt les castings musicaux pourris (c.a.d. starac, popstar, à la recherche de la nouvelle tare, pour ne pas les citer) et aussi la télé-réalité; qui dévalorisent complètement la création artistique. Dans le texte, on ironise sur ce système où il suffit d’avoir des gros nichons et surtout pas de talent pour se lancer dans la chanson. Et le plus pathétique c’est que ça marche!! La faute à qui ? Aux moutons gloutons qui achètent et aux big boss de la muzic bizness qui vendent de la big daube et qu’empochent un maximum de thunes. Quant à Tes haines, elle parle plus des petits trucs quotidiens qui nous foutent les nerfs comme de voir passer les lois sarko sans que les médias ne bronchent, comme de voir les gens s’abrutir devant star académinable et aussi de notre agacement quand on entend des propos médisants sur notre compte. C’est peut être ce dernier aspect que tu lies à l’image commerciale du néo-métal. Sur ce dernier point je te rassure, le néo-métal n’a de commercial que son image. A part des gros trucs ricains genre linkin park et evanescence, il est très loin de rivaliser avec la soupe variéto-débilitante que nous servent en ce moment les télés.
Svinkels en guest sur l'album, eux sont très loin de cette mouvance… De toute façon enhancer ne se revendique pas néo-métal. Ce terme c’est un truc de journaleux qui a été créé pour essayer de vendre des disques et des papiers. Avant ça s’appelait fusion, ou quelque chose comme ça. Pour nous, quand tu joues guitares, basse et batterie avec de la disto, c’est du rock point barre. Après, c’est vrai que les étiquettes peuvent être utiles pour s’y retrouver, mais en même temps elles sont forcément trop réductrices. Dans notre musique, on essaye justement de dépasser tout ça. Notre base est rock’n roll, avec une bonne grosse dose de rap, mais quand on part quelque part, peut importe la direction du moment qu’elle nous plaise. Et ça, ça nous rapproche de groupes comme Svinkels. Svinkels, c’est un groupe qu’on admire, et qui à l’inverse de nous, part d’une bonne grosse base rap (un peu conceptuel) avec une pointe d’esprit rock. On s’est rencontrés sur des dates communes et le courant est super bien passé. Pour nous c’est un honneur et une fierté que Baste ait posé sur l’album.
Comment vous êtes vous retrouvés dans une salle de classe pour Rocksound? Comme l’album et le numéro de rocksound sortaient le jour de la rentrée des classes, on s’est dit que c’était justement l’occasion de prendre des photos dans une classe d’école primaire. La séance photo avait lieu pendant les vacances, donc on n’a eu aucun problème pour la faire dans l’école la plus proche de chez nous.
Question que m'ont posé tous ceux qui ont vu les photos: c'est qui la prof? Une fille adorable qui s’appelle Julie. C’est une jeune comédienne qu’on retrouve également dans le clip où, seule parmi les roses, elle nous regarde amoureusement… On a son numéro…mais on le donnera à personne !
Nowhere vous a beaucoup apporté, mais ça commence pas à devenir une étiquette restrictive pour Enhancer? Nowhere, c’est tout simplement un collectif formé par 4 groupes qui sont potes (Aqme, Enhancer, Pleymo et Wunjo). Quand on l’a formé, on était des débutants pratiquement inconnus. On s’est toujours entraidés mutuellement, on se refilait les plans les infos et on s’est toujours fait de la promo les uns pour les autres, ce que l’on continue et continuera à faire… Ca n’a rien à voir avec un style ou une étiquette musicale, c’est avant tout une aventure humaine pour des groupes qui ont chacun une identité, un style et une sonorité bien distincts.

Qu'est-ce qui a changé dans votre état d'esprit depuis les débuts où vous jouiez dans les free? On a juste grandi, mûri. Forcément, quand tu tournes les rencontres, bonnes ou mauvaises, te marquent, et quand tu galères les difficultés t’endurcissent : tu prends de la bouteille. Mais quelque part, en répète, en studio, sur scène, en interview, on se sent toujours aussi frais. C’est l’effet de l’adrénaline, il est éternel et il donne toujours enviez de foncer droit devant!!
Comment vous voyez Enhancer dans 5 ans? On sait pas, on espère être toujours là et que le public sera lui aussi toujours présent. On espère avoir toujours la même fraîcheur, mais on veut vraiment continuer notre évolution musicale. On est de plus en plus ouverts. A mon avis, on fera toujours une musique à dominante rock et hip hop, mais on va aussi se laisser dériver pour étoffer et enrichir notre univers. Ce qu’on veut par dessus tout, c’est réaliser des albums puissants et bien différents les uns des autres, on ne veut surtout pas tourner en rond. Je pense aussi qu’on sera de plus en plus investis dans la production, non seulement pour nous, mais aussi pour d’autres groupes et pour d’autres projets.
Vous débutez maintenant une tournée qui finira fin 2004, vous avez quoi de prévu après? La tournée devrait durer jusqu’à fin 2004-début 2005. On espère pouvoir y intégrer une mini tournée de quelques dates avec un plateau nowhere au grand complet, on y travaille en ce moment. Après on prendra des petites vacances et on se lancera dans l’album suivant, tout simplement. On verra bien comment tout ça s’enchaînera.
Un grand merci à Marq pour avoir pris le temps de répondre à nos questions. |