Première interview de la soirée et c'est Boog-îa qui s'y colle. On se retrouve donc avec Winny, le bassiste et Dumby, le guitariste.

Pas mal de gens disent que vous avez changé de style musical, qu'en est-il ?

Winny : Oui c'est vrai, on a évolué dans un style qui est un peu un mélange de Hardcore et de truc beaucoup plus calme.

Dumby : C'est vrai que l'on a changé, il y a des passages hardcore, des passages emocore, on a enlevé le coté un peu comique. Les riffs sont toujours aussi violent si ce n'est plus qu'avant.

Et donc quelles sont vos influences ?

Dumby : Regulation, Krank, tous les petits labels américains de hardcore et drum-bass hardcore.

Vous faîtes partie du collectif K1K1Crew…

Dumby : il faut déjà mettre les choses au clair, ce n'est pas un collectif, c'est juste des potes. En fait quinquin en vieux français ça veut dire crétin, et donc comme on est une bande de crétin, on est donc tous K1K1 et dans la tête des gens, c'est devenu un peu un collectif.

Et y-a-t'il un but spécial ?

Dumby : non, aucun but précis, juste des potes. A une époque, c'est vrai qu'avec les trois autres groupes, ça aurait pu être un collectif, mais on a voulu enlever cette idée de la tête des gens.

Winny : On veut enlever cette image K1K1 qui nous colle sur le dos.

Il y a eu pas mal aussi de rumeurs entre vous et Nowhere ?

Dumby : Oui il y a eu pas mal de fausse rumeur. Dans la scène, il faut s'unir, il faut s'aider.

Sinon, d'où vient le nom Boog-ïa ?

Dumby : ça veut rien dire du tout. (Il commence à redire ensemble le début de leur bio farfelue). C'est dans le film " Scritch " (je ne suis pas sur du tout que ce soit ça ou écrit comme ça) dans la version originale en anglais, à un moment il y a un type avec un flingue qui pointe sur le " ring " (pareil, on a du mal à comprendre ce qu'ils disent) et on a l'impression qu'il dit " Boog-ïa ".

Winny : Et puis on s'est dit : ha c'est bien.

Et que pensez vous de la scène française actuelle et de la scène néo en particulier ?

Le groupe : ouaih (très hésitateur)

Winny : On est censé répondre ?

Dumby : Non, c'est pas trop le genre de musique que l'on écoute en ce moment mais je trouve ça bien si ils réussissent. Disons qu'il y a un peu trop de groupe. Tu vois par exemple, il y a beaucoup de groupe, enfin c'est mon avis personnel, que je n'aime pas trop. Je trouve qu'il serve un peu à rien.

Winny : mais sans vouloir être méchant je trouve que la scène métal française, n'est pas très originale, et se clone un peu.

Dumby : Maintenant c'est vrai qu'il y a un marché, et ils ont raison d'en faire car ça marche, mais je pense que dans 3 ans ou même 2 ans, je pense que ça n'existera plus. Dès que Korn aura fini d'être présent, ainsi que Limp Bizkit et les autres crétins… (Rires Générales )

Winny : à mettre entre guillemet…

Dumby : Je pense que dès que la vague néo métal sera fini, ça va changer. Mais c'est vrai que je me rends compte que c'est en train d'évoluer, qu'il y a 5 ans, il n'y avait rien du tout, à part Oneyed Jack, Lofofora. Maintenant il y a plus de groupe et disons que la scène métal se forme un petit peu. Je ne sais pas si ce n'est qu'un impression, mais je pense qu'il y a beaucoup plus de gens qui écoutent du métal français, ils commencent à se dire qu'il n'y a pas que les américains.

Sinon, à part ça, est ce que vos paroles ont un messages ou une signification particulière à faire passer ?

Winny : bah, c'est assez personnelle… Il faut demander au chanteur…

Dumby : Dans ses paroles, il y a un message, ce sont des trucs qui lui tiennent à c½ur, des choses assez personnelles sur sa vie. Il y a une chanson qui s'appelle 7999, c'est des paroles sur la deuxième guerre mondiale, ou sur la guerre de Bosnie, je ne sais plus, ça disait qu'il y avait eu des morts et c'est des gens, on ne savait pas qui c'était. Il ne connaissaient pas les noms, il y avait 99 personnes, ils ont retrouvés 79 corps. il y a une autre chanson aussi ou il dit qu'il a envie de se fabriquer un monde à lui parce qu'il pense que le monde extérieur, par exemple dans les sociétés, ça ne lui plaît pas. Moi j'explique mal car ce n'est pas mes paroles. Mais pour résumé, le message est pas mal personnel en fait.

Au niveau des compos, comment ça se passe ?

Winny : c'est vraiment que l'on arrive en repet' avec un riff. Ou alors on a une idée dans la tête, mais jamais de riff complet. Sauf des fois on en a un et part de ça comme base.

Dumby : ça part souvent de la guitare, ou ça peut partir d'une batterie, ou la basse, même parfois du chanteur. Il n'y a pas vraiment de compositeur attitré ?

Winny : Si on est pas là tout les quatre en général, il n'y a rien qui se fait. Même si on compose une chanson et qu'il en manque un, il y en a toujours un autre qui arrive et qui essaye de la modifier.

Dumby : Disons qu'il y en a un qui arrive avec une idée, il commence à proposer, on travaille sur le premier riff, et puis après chacun amène sa pierre à l'édifice. Tout le monde participe. Même le chanteur qui ne joue pas d'instrument.

Winny : et après il gueule car il se plaint d'avoir payé une repet alors qu'il ne chante pas… (Rires Générales. )

Et quelles sont vos projets à venir ?

Winny : on compte enregistrer un trois titres ou un quatre titres, pour démarcher, avoir des concerts.

Dumby : Sinon, à partir de Janvier, on va essayer de faire des concerts un peu dans toute la France.

Vous envisagez quoi comme style de deal avec un label ?

Dumby : on a quelques idées en tête, avec des petits labels de là bas (Je pense qu'il parle des USA).

Et en dehors de la musique, vous faîtes quoi ?

Dumby : Winny est pharmacien, le batteur est mécano, le chanteur c'est un branleur.

Winny : il fait semblant d'aller à la fac.

Dumby : moi je compte travailler, je fais des petits boulots par-ci par-là.

Et qu'est ce que vous pensez d'Internet ?

Winny : on a eu quelque problèmes, du genre on a reçu des messages un peu bizarre, de mort.

Dumby : des insultes, du racisme. Ils crachent sur le métal.

Winny : mais on ne fait pas attention à ce genre de truc là. C'est de la provocation.

Dumby : Quand on lit le message, on est un peu vener et trois semaines après on relit le message et on en rigole. Encore, il pourrait dire : vous êtes pourris, vous ne savez pas jouer. On s'en fouterait mais les gars ils parlent de racisme, mais il parle de racisme surtout par rapport au chanteur de Caution qui est iranien ou par rapport à Winny qui est juif. Je ne trouve pas ça très intelligent.

Winny : Sinon, à part ça le net c'est cool, ça rapproche les gens.

On remerice Karin pour cette interview.

 

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