Voici l'interview de Backstab qui a eu lieu le Mercredi 12/04/2000 à Jussieu avec Lubin ( Basse ) et Franck ( Chant ). Nous avons décidé de realiser cette interview car ils sont en train de réaliser un clip ainsi que leur premier album. Nous espérions que ça marchera pour eux car ils le meritent... A ne surtout pas manquer au MCM Café le 1 er Mai à 22 heures : C'est GRATUIT...

- Pourquoi le Nom Backstab :

- Lubin : C’est un terme de jeu de rôle, c’est une compétence d’assassin, cela permet de faire plus de dégâts dans le dos, On l’a plutôt pris dans le sens "prendre par surprise", pour surprendre les gens.
- Franck : Ca peut être mental.
- L : Mais en argot, ça peut être employé de différentes manières.

- Comment avez vous décidez de prendre ce nom :

- F : Au début on hésitait, mais c’est quand tu l’entends prononcé par d’autre gens que tu trouve si ça le fait ou pas. On ne se rend pas très bien compte au début et puis finalement ça le faisait bien. Pour ne pas être trop loin des beastie boys dans les bacs.( RIRES )

- Quelles sont vos influences musicales ?:

- L : Elles sont vraiment multiples. Chacun dans le groupe écoute des styles différents et en plus on a tous une culture musicale diverse et variée, on n’écoute pas vraiment quelque chose en particulier.
- F : On s’est retrouvé sur des groupes comme Senser, Infectious grooves, Asian Dub, les Beastie Boys, on a un esprit assez ouvert. On a tous écouté du métal à un moment donné, mais on a eu aussi des périodes reagae, rap, un peu tout mélangé.
- L : On n'écoute jamais un style en particulier tout le temps.
- F : Je pense que lorsque l’on reste trop longtemps sur le même style, à la fin tu n’en peux plus, il faut aller voir ailleurs. En ce moment on est un peu dans tous ce qui est jazzy et jungle, des trucs un peu mélangé comme ça.

- Comment ça se passe au niveau des compos ? :

- F :On buff pas mal en fait et surtout avec l’arrivée des machines, ça a pas mal changé. A l’origine c’était surtout guitare ou basse qui arrivait avec un riff, des trucs un peu construits mais jamais le morceau défini, le chant lui vient en général en buffant, les textes que j’écris à coté ne sont pas forcément fait pour Backstab. Là ,par exemple, pour une de nos chansons on a d’abord pensé au chant puis sont venus se rajouter les lignes de basse, gratte. Par contre pour les prochaines compos, on ne sait pas trop comment ça va se passer.
- L : En fait on cherche, il n’y a pas de technique véritable, cela dépend des fois, c’est super variable.
- F : Maintenant qu’on est un peu libéré du mixage de l’album, on a envie de revoir nos méthodes d’écriture,on voudrait en parler plus ensemble.

- Et au niveau des paroles. Tu t'inspires plutôt d'évenements d'actualité ou c'est plutôt ce qui te passe par la tête ?

- F : C’est plutôt dans le quotidien que je suis inspiré mais je ne retranscris pas ça de façon narrative. C’est plutôt un flash, des impressions, et après ça peut former un tout cohérent ou pas avec la musique. Il a des textes qui sont inspirés par l’ambiance des chansons, comme les morceaux sont souvent écrit avant, quand je les entends , ça vient comme ça. Il y a des morceaux ou j’exprime des trucs qui sont sur le moment. Par exemple dans la chanson "démon", c’est assez speed, donc le texte est un phrasé rap assez rapide, c’est plus une présence qui se rapproche de la musique, même si j’avais déjà une idée en tête, par exemple ce qui a pu te gêner dans ton passé, le futur, là j’ai lâché un phrasé pour être dans le move avec eux, c’était plus physique en fait. Sinon par exemple l’½il du clone, c’est sur le clonage humain, la peur que ça peut engendrer, ça a surtout été inspiré par des films.

- Vos groupes français favoris :

- F : La Mano, par exemple.
- L : En fait ça dépend des périodes. Il y a eu par exemple toute l’époque de l’alternatif, et il y a encore des groupes qui survivent ou non.
- F : Moi je pense qu’au niveau français, il y a eu de la recherche, de l’ouverture d’ esprit comme la Mano Négra, Spicy Box, Noir Désir pour l’aboutissement des textes, et la façon d’on s’est construit le groupe. Du genre aussi dans l’esprit on se fait soit même et on dure : LOFO. Aussi, la première fois que l’on a vu Mass, on s’est carrément pris une claque.
- L :Et puis il y a pas mal de petits groupes inconnus comme ça qu’on a pu entendre lors d’un concert et qu' on a kiffé, ou des groupes de la scène parisienne : la scène de Sept ou des groupes comme Boogia, stroll et co, Tom Fool.

- D’ailleurs vous pensez quoi du Néo :

- L : C’est à la mode actuellement mais je pense que la majorité des groupes, s’ils veulent avoir leur originalité, ils vont être obligé de changer de style. Parce que mine de rien, en France, on n'a jamais vu deux groupes du même style qui ont réussi, par exemple Trust, il n’y en a eu qu’un, il n’y a qu’un Noir Désir. En France pour réussir, il faut avoir quelque chose de différent de son voisin. Sinon ça ne marche pas.
- F : un groupe français qui tue : Ekova.
- L : Récemment on a aussi joué avec un groupe qui tue : Stick Buz. En fait il y plein de groupes qui montent en ce moment du genre Tripod à Marseille. De toutes façons aujourd'hui, le niveau du rock français augmente.
- F : En plus j’ai l’impression que tout le monde a un truc à dire de personnel.
- L : Après il faut savoir lequel tu préfère entre ceux qui font plus ou moins bien du Korn. En plus sur Paris il y' a tellement de concerts tous les jours, on voit tellement de trucs différents à chaque fois, pour moi le Néo métal ce n’est qu’un style parmi tant d’autres. Il y actuellement pas mal de truc qui se passe autour, par exemple "LAB" (Rires) ( ndlr : ils se sont tous vu au dernier concert sur le bateau phare ). C’est un groupe de Dub et ce n’est pas du tout du Hardcore.

- Bon on va parler un peu du clip, quel est son thème :

- F : En fait le clip est basé pas mal sur ce qu’on voulait en faire. Déjà le morceau qui a été choisi, pas spécialement par nous, c’ est l’½il du clone, qui semblait être celui dans lequel il y a le plus d’ambiances différentes, qui représente déjà une image, d’ailleurs en fait c’était assez simple : c’est calme, un peu plus speed puis recalme, enfin c’était quelque chose qui monte en puissance jusqu’à la fin, et le thème un peu futuriste sur le clonage humain se prêtait bien aussi à un visuel. Ensuite tout ça a avancé dans le sens ou l' on travaille avec une compagnie de danse contemporaine qui s’appelle Synergie Musicale,

- Pourquoi vous avez bossé avec une compagnie de danse :

- F : La chorégraphe nous a vu en concert une fois à l’Arapaho, de plus elle est fan de métal depuis toujours et elle fait danser ces danseuses sur ce style de musique, ça va de Mass hysteria à Treponem Pall, en passant par Ministry, Pink Floyd , et elle voulait faire ça avec des groupes de la scène française. On a commencé à travailler ensemble, on prévoit d’ailleurs des festivals avec elle et donc aussi leur participation à notre clip. Donc le fait d’apporter cela, ça donne un des thèmes principaux du clip par rapport au thème de la chanson qui serait plutôt le clonage. Il y a quand même une interrogation dans le morceau : d' ou vient l' intêret du clonage chez l' homme, est ce le fait qu’il n'ont pas de matrice comme la Femme, c’est peut être ça qui leur a donné envie de donner naissance d’une manière factice, bon un délire comme ça. Là je pense qu' un des thèmes qui est abordé dans le clip est la naissance, la renaissance ou comment se dépouiller de tout ce qui n' est pas forcément toi. La chorégraphe elle est enceinte, donc ça fait comme si son bébé était attiré par un futur plus sain, un peu plus humain. C’est du genre ne pas oublié d’être humain. Au début du clip, c’est des personnages qui habitent ensemble mais qui ne se voient pas, ce sont des clones. Il y a le c½ur du lieu qui est nous... du genre on palpite, on est une espèce de cocon... et il y a une sorte d’énergies !!! Ca reste abstrait mais je pense que c' est parlant au niveau des visages. En plus tu as des images de corps qui commencent à bouger, ça devient de plus en plus physique, de plus en plus organique et c’est pour que les gens prennent conscience de la présence des autres grâce au clip.Tout le monde part vers la même lumière à partir de la naissance, c’est un peu ça le délire.

- Et les danseuses, quel rôle jouent elles dans ce clip :

- F : La chorégraphe est carrément parti du morceau, elle s’est basée aussi bien sur la musique que sur les textes. A des moments les danseuses suivent la musique ou les textes, c’est super adapté. Elles font les personnages qui habitent le lieu. C’est à dire les seuls personnages, à par nous, que l’on voit dans le clip : c’est les danseuses !!!

- Et puis ce petit coté orientale d’où vient il : ( Rires )

- F : En fait on écoute vachement de world music. Lubin a grandi en écoutant de la musique indienne. On a écouté des trucs qui ne sont pas spécialement du raï traditionnelle ou des trucs comme ça, mais on a tous toujours kiffé les percus, les violons orientaux, c’est super beau !!!
- L : Je pense aussi que le fait qu' Alex, le guitariste, soit d’origine juive : la musique yiddish, il l’a dans le sang. Le batteur, il est grec, le gratteux il est sicilien, moi je suis d’origine yougoslave
- F : Moi je suis anglais-italiens ( Rires )
- L : Donc c’est le métissage, il y en a partout.
- F : En fait ça se mêle, l’orient, l’occident, on mélange tout ça. En plus les mélodies orientales, c’est quand même un truc à part, quand ça tourne c'est trop bon, pareil pour les percussions, ça peut te permettre de rajouter un rythme différent par rapport à la batterie et c’est un truc plus tribal, ça apporte le coté soleil, le coté festif, et l’ouverture qui n’est pas forcément facile à avoir quand tu as de la disto et des rythmiques jungle.
- L: Et puis les orientaux ils ont quand même une culture musical millénaire, comme la musique classique. C' est le genre de musique, avec le cinéma et tout ça, qui te rappelle un tas de choses. Nous on essaye vraiment de faire un parallèle entre image et son, il faut que les deux soit le plus homogène possible.

- Sinon préparez-vous un album ?

- L : Oui , on est en préparation.
- F : On a enregistré toutes les parties, on l’a fait Live, pour garder l’énergie, maintenant on essaie de retravailler certains placements rythmiques, sans abuser, des trucs pour optimiser, on va dire, les effets des passages. On retravaille en fait actuellement les samples, l’approche des samples. Car il y a tout le moment où tu commences à travailler avec les machines, ça prend tellement de temps, tu deviens un peu esclave quelque part. Nous on se détache en ce moment de plus en plus organiquement des machines : notre batteur a enlevé le clic. Le fait de l' avoir enregistré ça nous donne une autre approche : tu as l' impression parfois qu’il y a trop de truc, en fait tu prends du recul, tu les joue un peu différemment et puis tu rajoute quelque chose, tu lies le tout et en fait ça rend la chanson plus homogène, plus facile à écouter. Tu as donc l’impression que c’est épuré, plus logique et que ça sonne mieux.
- L : Ce qui est mortel,c'est qu'on redécouvre nos compos, on a d’autres approches des morceaux.
- F : On a travaillé des ambiances un peu différentes, il y a aussi des chansons qui n’ont jamais été joué Live :elles sont partis de beuf que l’ on fait, que l' on a reséquencé différemment

- Allez vous remettre les titres du cd autoproduits dans votre album ? :

- F :Oui mais réenregistrées, elles ont un peu changé, mais restent dans le même esprit. Car avec le temps, elle ne rendait pas assez bien à mon gout, on sait maitrisé la chose maintenant grace aux concerts. Et puis il y a l’expériences puis l’énergie Live .. On a fait quelque modifs, des progrès ( Rires )
- L : Les prises de son ont été mieux faites, car le premier 4 titres a quand même été fait un peu vite.

- Etes vous en contact avec des labels :

- F : Si on doit aller voir des gens on sait à peu près qui on doit aller voir, et même quelque fois par qui passer pour que ça arrive mieux. Mais je pense que ce sont des gens qui sont aussi intéressés par une entité, ils veulent voir le groupe en concert, ils veulent à la fois avoir une idée du visuel que ça pourrait donner, entendre l’album, on peut les intéresser !!!
- L : Tant que tu n’as pas le produit fini, le mec peut pas te donner la décision.
- F : On a aussi envie de scénariser l’album. On veut vachement rapprocher le visuel. Vu que la personne qui fait notre pochette et les costumes du clip est la même, on voudrait créer une sorte d’album concept assez simple. Ca serait par exemple l’ errance d’un personnage à travers différents états. Il peut même avoir des interludes instrumentaux, ça peut créer des atmosphères que tu as voulu suggérer mais que tu n’as pas forcément fait à donf

- Et sur scène pensez vous vous mettre aux effets visuels :

- F : On aimerait bien. Une des intentions de notre éclairagiste serait plutôt de s’orienter vers le décor. En plus il bosse avec des gens qui font des BDs et de la peinture. Ils aimeraient bien faire des happening de peintures de fresques pendant qu’on joue. Si on peut faire ça avec les danseuses en même temps ( Rires du style j’en m½urs d’envie… ) Avec de la vidéo projection… plutôt théâtrale, plutôt chaud et intime.( Rires )

- Qu' avez vous à dire aux groupes français qui veulent percer :

- L :Persévérez ( Hilarité générale )
- Fabienne ( Manageuse ): je dirais même plus galérez!!!
- F : Vachement parler avec les autres groupes déjà pour essayer de se filer des plans le plus possible, pas forcément viser en premier le Zénith en étant signé chez EMI. Tu n’en sais rien, si ça se trouve ton voisin, il bosse dans une assoc' qui programme des soirées. Aller voir d’abord les fanzines avant les magazines : faire tout ça mais petit à petit. Il faut aussi vachement compter sur les relations. Je pense qu’ en rencontrant certaines personnes ça peut te permettre d’évoluer, par exemple des tourneurs, des managers, des labels, il faut aller les voir sans pour autant leur demander de te signer, il faut plutôt aller leur poser des questions pour apprendre.

On remercie Fabienne PIETRUS ( Manageuse ) de nous avoir organisé cette interview ainsi que Backsatb pour son accueil.

Site officiel

Photos : Backstab.

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