-Communication with God
-Make your choice
-Human Circus
-Get Out da Bastards
-You can't save me
-Police stopped da way
-Your Enemy
-Everlast
-Project
-My mind is a Pussy
-Down
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Derrière une pochette assez laide se cache l'engin explosif le plus destructeur qu'ait vu naître le metal francophone cette année, je veux, bien entendu, parler du très attendu (après le succès rencontré par le mini Straight In The Vein) premier album de Black Bomb A, la révélation Srirachienne, le groupe qui transforme une salle de banlieue endormie en champs de bataille, le groupe qui réussit à faire mouiller des stars du X (voir l'article de Coralie Thrinty sur le Sriracha Tour II dans R&F), bref l'un des groupes les plus réjouissants de la scène actuelle. Produit par le diabolique duo S. Buriez / S. Kraemer, Human Bomb après une longue intro (Communication with God - flippante ), nous précipite avec Make your choice directement au coeur du débat : Poun et Jag nous matraquent de vocaux hurlés tantôt grâves, tantôt aigus, alors que Snake et Scalp tissent une toile oppressante, oscillant entre Hard-Core viril et metal massif, soutenus en cela par Mario et Franck, solides garants d'une rythmique endiablée.
Et il en sera ainsi durant tout l'album. La recette a fait ses preuves, l'artillerie est bien huilée et pourtant le gang parvient encore à ménager de belles surprises : Human Circus, l'un des plus gros scuds de la galette, s'ouvre avec de bien étranges imprécations "No rest in pain in my mother-fucking tomb", posant tout de suite l'ambiance, mantra répété encore et encore, ouvrant la voie à une critique amère de l'humanité, explosion de violence et soudain cette ouverture sur le refrain "I have my freedom in my head" - chant mélodique de Poun - qui amène la chanson vers d'autres sommets, réussissant à introduire de la sensibilité au milieu d'un champ de bataille. Mentionnons aussi le très efficace Police Stopped Da Way qui parvient à devenir aussi planant q'une plume sous la direction de Poun et aussi plombé qu'une enclume sous celle de Jag, quand le tout ne se met pas à tourbillonner, parvenant parfaitement à retranscrire l'ambiance émeutière des textes. Le reste des compos parvient à maintenir un niveau de qualité très élevé, apportant chacune sa petite singularité, comme, par exemple, les références très Punk de You can't save me.
Et pourtant, les BBA ont gardé le meilleur pour la fin : Down avec son superbe refrain aérien, plus libérateur que tous les hurlements, émouvant rayon de lumière post-nucléaire qui comme la pluie après la canicule vient laver d'un seul coup toute la haine, la violence et la douleur des précédents morceaux, ne laissant que quiétude et sain épuisement.
Ironiquement, c'est dans le calme d'un morceau caché acoustique que BBA décide de laisser définitivement l'auditeur. "I wanna kill someone" répètent-ils calmement, comme si la paix qui règne désormais n'était que le prélude à un nouvel assaut. "I wanna kill someone" . C'est déjà fait, Black Bomb A m'a tuer. M.H |