La question qu’on pourrait se poser lorsqu’on connaît Eths depuis leurs débuts, c’est « vont-ils être tentés par une orientation plus mélodique, plus commerciale ? ». Sans d’ailleurs pouvoir vraiment expliquer pourquoi une telle interrogation. Peut-être que l’image forte dégagée par Eths, le potentiel mélodique du groupe et de la voix de Candice pourrait éventuellement soulever cette hypothèse. Les adeptes de cette théorie n’ont qu’à passer leur chemin. Pas question pour Eths de mettre de l’eau dans son vin. Ni dans son pastis d’ailleurs… La brutalité, la mélancolie écorchée, restent la marque de fabrique, la raison d’être des Marseillais.
Les hurlements de Candice sont encore plus gutturaux, plus pointus que jamais, frisant par moment l’agonie, alors qu’inversement sa voix en chant clair n’a jamais été aussi douce, une musique toujours aussi intense, presque malsaine.
Pourtant de la nouveauté il en existe bel et bien tout au long de Tératologie et elle est rapidement très perceptible. Si la musique d’Eths n’a rien perdu en férocité, l’accent est davantage porté sur les ambiances, très glauques, très sombres, complexifiant considérablement l’univers pourtant déjà bien torturé d’Eths. Une multitude de bruitages inquiétants façon film d’horreur, de breaks invraisemblables comme sur « Hydracombustio », « Holocauste en trois temps », « Priape », ou finalement sur tout l’album en son entier, difficile en effet de tous les décrire, Eths semble jouer de plus en plus dangereusement avec les limites de la raison.
Eths a tellement expérimenté sur les hallucinations sonores les plus variées les unes que les autres que Tératologie donne une impression finalement assez difficile d’accès tellement les ambiances ont été travaillées. Le groupe ne s’est pas facilité la tâche avec les compositions d’un tel album qui risquent d’être peu évidentes à retranscrire sur scène. Mais si on en ressort autant abasourdi qu’après l’écoute de Tératologie, alors oui, Eths risque bien de faire des ravages avec un nouvel album aussi monumental !