- Take me
- Les ailes
- Dead meat
- Lu et approuvé
- Break
- Eros&Thanatos
- Talk
- Né pour tuer
- Die hard
- Je te saigne
- The dark half
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L’album de Manimal commence à peine à tourner dans la platine, que déjà l’animal vous saute aux tympans comme un diable sortant de sa boîte. Redoutable assaut sonore… Auto-proclamée « open-death », leur musique, si l’ouverture des frontières du métal n’est pas nouvelle, les franchit à sa façon. Et métisse plans violentissimes (pêle-mêle trash, hardcore, et death) à des incursions funkys où la basse s’en donne à cœur joie. Faith no more, comment pourrait-il en être autrement, n’a sûrement pas fini d’imprimer sa marque. Vocalises teigneuses infatigables et riffs tranchants s’enchaînent à la perfection. Les manimaux ne sont plus des jeunes premiers, et ça s’entend. Section rythmique en béton armé et recours intempestif et jouissif à la double pédale sont appuyés par une production par ailleurs tout bonnement énorme (les Gojira ont d’ailleurs contribué à l’enregistrement). Autre atout incontestable : le chant. Accents suraigus lucifériens ou chant soyeux, trépignements à la Patton ou lignes mélodiques, douceur ou véhémence, Ju semble faire ce qu’il veut de ses cordes vocales. Ses goûts éclectiques l’ont également porté à être sensible, entre autres, au talent d’un Eddie Vedder ou à la classe inoubliable du regretté Layne Stayley... Des mots aux photos (signées Jouch), « Eros & Thanatos » dépeint un monde noir et malsain, mais loin des stéréotypes. Minimalisme de l’iconographie pour impact maximal. Paire de ciseaux. Mèche de cheveux sombres. Le sol taché de sang, visage caché par cette même chevelure, femme nue à terre les chairs retenues par des hameçons à des fils de fer. Main de cette même femme traversée d’aiguilles de part et d’autre des phalanges. L’image renvoie à des textes brûlants. Introspectifs ? Cathartiques ? « Personnels », déclare Ju, auteur qui mets ses tripes sur la table. Intrication de l’amour et de la mort, amour déchu, mort de l’ego, les mots parlent de maux. A la torture, les mots se tordent (« Je te saigne »). Diablement efficace.
Carolyn |