- Intro : voyage de Rock
- Rock
- 1977
- Divine excuse
- L’insolent
- Moddadiction
- Sommes nous ?
- Zorro
- Polyester môme
- Une vie de détail
- Chérubin
- Anemia
- Kongen (feat. Enhancer)
- Laugh Calvin
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Pleymo n’a jamais laissé indifférent. Et ce n’est pas avec leur nouvel album que ça va s’arrêter. Ce devrait même être sans aucun doute le plus polémique du groupe, de par le virage musical radical qu’ils prennent.
C’est limpide, Pleymo prend énormément de distance avec le néo, qui les avait sorti de free party pour les amener dans des stades japonais. Fini les hurlements continus de « Keumar », place maintenant au chant clair de « Mark Maggiori » porté par un chorus omniprésent. On parle bien évidemment de la même personne, mais ce changement résume bien leur nouveau positionnement. Même lorsque les grattes se laissent glisser avec nostalgie vers des riffs plombés qu’on pourrait croire Korniens. Mais globalement le son s’est lui aussi profondément assagi, et si on y trouve encore quelques titres métal, on y croise aussi le parfait inverse. On a des « Kongen », où le trio de chanteurs d’Enhancer vient pousser la gueulante sur un son très lourd, et « Laugh Calvin » ou les guitares sont presque intégralement au son clair, aucun scratch ni sample, le refrain est même soutenu par des guitares sèches… à des années lumière des délires du Dr Tank. L’album en lui-même se situe entre ces deux extrêmes, avec un son assez lourd appuyant des mélodies qui affichent clairement le nouveau Pleymo : plus calme, moins métal.
A coté de ça ils conservent leur marque de fabrique sur l’aspect « concept album ». Cette fois, le successeur du Doc s’appelle Rock, enfant aveugle et oppressé par la double image que lui renvoie sa schizophrénie, ses deux « ingals ». La plupart des textes s’articulent donc autour de cette thématique, et aborde un vaste panel de sujets, traités avec plus ou moins de subtilité et de pertinence, de la religion au pouvoir des médias. Malgré tout, certains titres dérogent à cette règle, notamment les derniers de l’album. La playlist se clôture sur « Kongen » où pour recevoir Enhancer, Pleymo remonte le volume et se rappelle aux bons souvenirs du gros son, puis sur « Laugh Calvin » lui aussi un peu à l’écart dans l’esprit de cet album, cette fois dans l’autre sens, comme précédemment expliqué.
Si on peut douter de la finalité de ce revirement artistique, on ne peut enlever à Pleymo le courage d’oser tourner une page sur ce qui avait construit leur succès, et de se lancer avec ce « Rock » dans l’inconnu, au risque de tout perdre comme de tout gagner, peut-être même les deux. Ring |