Voilà quelques mois que le vaisseau de la MH corporation a été mis en orbite et pourtant, les images qu’il nous envoie n’arrivent que maintenant. Il faut bien dire qu’au e-zic center, les astromusiciens sont restés quoi face au paysage qui se dressait devant eux, ne sachant pas franchement quoi penser de cette petite découverte. Diplômée en mass-hystériologie et moi-même volontaire à l’étude de cette mission, j’aborderai néanmoins l’analyse avec un certain recul.
C’est avec beaucoup d’impatience et sûrement dans l’attente d’un voyage tout aussi gigantesque que fut Contraddiction, que les suporters de l’équipage guettaient le coup d’envoi. On ne fut pas déçu de la mise en appétit : soirées promotionnelles, médias, digipack, invité de choix, mais qu’allions nous découvrir derrière tout ça ? Quelle serait la finalité même de toute cette attente ? Comme chaque «grand » groupe qui fait parler de lui,
Mass Hysteria a été sujet à bon nombre de débats, de réactions d’admirations, de déceptions… je ne me serai pas risquer à parler de ce nouvel album sans l’avoir vu sur scène… et vous devez, je l’espère, savoir de quoi je parle. C’est chose faite et dans les règles de l’art… jeunesse s’est lâchée… moi aussi… un voyage que l’on comprend bien mieux quand on y a participer.
A la vue de la pochette, on dirait un album d’électro, mais le sigle MASS HYSTERIA nous rappelle à la réalité, pas si éloignée au final de ce premier sentiment. Tout d’abord, pour une bonne écoute, veuillez ôter tout ce que vous avez pu entendre à propos de ce 4eme opus (« arf Mouss il chante pas bien », « c’est trop mou », « chais pas ce que ça va donner sur scène »…). Certes je n’ai pas parole d’évangile, mais essayons d’être objectif et de ne pas se laisser emporter par de grands élans passionnés ou un scepticisme dénué de sens.
Quelques battements quasi humains qui nous plongent dans la nouvelle couleur prise par le paysage hystérique. MH a toujours utilisé ce côté electro mais d’une façon plus trivial et rageuse, ici c’est le côté poétique aux limites du trip-hop, qui est délivré. Quelques vibrations donc et puis c’est le grand saut dans l’espace. Ce qui monte au cerveau, dès les premiers instants, sont ces mélodies lunaires explorées par la voix de Mouss et l’ambiance dégagée par la musique. Remède contre le stress… ? Peut être bien… . Deuxième titre, une puissance certes bienvenue mais qui n’a encore rien à voir avec la spontanéité du temps passé. Les titres passent et on reste un peu sur notre faim, nous qui aurions tant voulu d’une furia bis. Des titres tels que millenium appauvri, Immixtion, coup2mass font resurgir cet esprit fougueux mais dans son ensemble, le constat est simple, MH a amorcé un virage musical que ceci nous plaise ou non. Et jusqu’à présent, cela ne m’avait que moyennement emballé… jusqu’au concert. Là, les morceaux ont véritablement pris forme et j’ai pu me rendre compte que la démarche musicale n’avait vraiment pas perdu son énergie. Je me réécoute le skeud… et en effet, je retrouve ces passages forts en puissance bien que les cinq cosmonautes aient rajouté des passages complètement planants, des atmosphères plus spéciales, teintés de tempos secs mêlés à des sonorités plus envoûtantes… . Mais le riff est encore bien présent, n’ayez pas peur, et il n’hésitera pas à décupler votre taux d’adrénaline dès qu’il en aura l’occasion.
La voix elle aussi a changé et plutôt radicalement. On découvre une nouvelle manière d’aborder le chant ; Mouss semble abandonné son parlé pêchu et rentre dedans, envie de repousser ses limites vocales ? (
réponse ici ;)). Quoi qu’il en soit, et sans vouloir être réac’, on est bien content quand cette petite voix spontanée et dynamique reprend les commandes. Le travail effectué autour du chant réussit à donner une teinte plus douce à certains morceaux (Montherlant) mais reste néanmoins un peu linéaire et peut être trop appliquée. Heureuse surprise cependant, car en live, Mouss maîtrise bien mieux son instrument et s’installe alors une fluidité vraiment agréable, complètement porté dans l’apesanteur. Cette sensation de légèreté est d’ailleurs, à mon avis, le mieux représenté sur le dernier titre de l’album : L’importance du sort. Ce morceau sait combiné à merveille ce que fut
Mass Hysteria avant
De cercle en cercle et le nouveau visage du groupe. Une dynamique qui ne se perd pas, un chant mélodique qui ne lasse pas, un condensé de matière, troublant et prenant.
Non sans rappeler ce côté Deftones version White Pony,
Mass Hysteria s’impose une fois de plus avec cet album. La mission s’arrête ici, à vous de monter à bord du vaisseau et de juger, si oui ou non, la MH corporation s’est embarqué dans un voyage dont elle reviendra saine et sauve.